L’énergie en Corse

Le village Corse d'Evisa
Le Port de Bastia en Corse
Le village Corse d'Evisa

Territoire insulaire connecté à un réseau électrique continental de façon limitée, la Corse est contrainte de répondre en grande majorité à ses propres besoins énergétiques en important les ressources nécessaires et en les valorisant directement sur place. Elle est donc considérée comme une zone non interconnectée (ZNI).

En Corse, le mix électrique est majoritairement basé sur l’utilisation d’énergies fossiles : 40% de l’électricité est produite à partir de ressources fossiles importées telles que les produits pétroliers. De plus, les besoins assurés par la liaison italienne (31%) sont eux aussi majoritairement issus de sources fossiles. Limitées, ces ressources sont à l’origine d’importante émissions de gaz à effet de serre participant au réchauffement climatique et ayant des conséquences néfastes sur l’environnement et la biodiversité.

Bien qu’étant la seule ZNI à avoir la possibilité d’importer de l’énergie via la liaison, la sécurité d’approvisionnement et de fourniture énergétique reste un élément important pour ce territoire. Cela se traduit par une réduction de sa dépendance énergétique et par un renforcement de la stabilité du réseau pour assurer une continuité d’alimentation électrique toute l’année sur l’ensemble du territoire.

Dans un contexte de développement durable et de lutte contre le changement climatique, la transition énergétique est donc un véritable enjeu pour la Corse.

Contexte énergétique

Comme l’ensemble des ZNI, la Corse est fortement dépendante en matière d’approvisionnement énergétique avec, en 2018, 86,5% de sa consommation énergie primaire provenant d’importations de ressources fossiles (78,6%) ou d’électricité (7,9%). Néanmoins, avec des conditions météorologiques similaires à la métropole, la Corse bénéficie de la proximité géographique du continent pour son approvisionnement énergétique.

Répartition de la consommation d’énergie primaire en Corse en 2017

La production d’électricité du territoire

En zoomant sur la consommation d’électricité en 2019, les besoins de la Corse s’élèvent à 1 982 GWh, à destination principalement du secteur tertiaire (53,7%) et résidentiel (32,4%). La consommation est fortement dépendante du climat et de l’activité touristique. Ainsi, de fortes disparités existent selon la saison et un déséquilibre entre lieux d’implantation des moyens de production et lieux de consommation est constaté.

Plusieurs modes de production coexistent sur le territoire et répondent à l’ensemble des besoins de l’île formant le “trépied énergétique” de la Corse. En première place dans le mix électrique, la production par les centrales thermiques à moteur diesel a permis de répondre à 40,4% de la demande en 2019. Le reste est assuré à part relativement équivalente par les importations d’électricité assurées par l’interconnexion existante avec la Sardaigne (31%) et l’exploitation des énergies renouvelables (27,5%). L’interconnexion italienne est d’une grande importance pour les deux départements puisqu’elle permet de faire face aux aléas de production de certaines énergies renouvelables dépendant de conditions météorologiques. En outre, la production hydroélectrique, représentant 17,4% du mix électrique en 2019, repose sur la disponibilité de la ressource en eau, dont la variabilité pourrait s’intensifier avec les effets du changement climatique.

Répartition de la production d’électricité selon la source d’énergie en 2019

La part des ENR a diminué entre 2018 (37%) et 2019 (27,5%) à cause d’une baisse importante de la composante hydraulique due à la sécheresse, de l’éolien et de la bioénergie.

Les politiques énergétiques du territoire

Afin de répondre aux enjeux climatiques et énergétiques, des projets et programmes sont mis en place et proposent des objectifs ambitieux pour le territoire. En cela, il découlent directement de la politique régionale dont l’objectif est l’indépendance énergétique à l’horizon 2050.=

En effet, de par la loi, la Collectivité de Corse dispose d’importantes compétences dans la co-élaboration avec l’État de la politique énergétique régionale.

Par ailleurs, la loi pour la transition énergétique et la croissance verte du 17 aout 2015 à introduit la programmation pluriannuelle de l’énergie. Celle-ci est dispositif programmatique de mise en œuvre opérationnelle des objectifs de développement des EnR et de maitrises de l’énergie.

La PPE est une programmation opérationnelle: elle évalue les besoins du territoire en énergie sur deux périodes successives de cinq ans, puis elle détermine les actions prioritaires pour permettre d’y répondre en termes d’infrastructures de production d’énergie, d’actions de maîtrise de la demande en énergie, tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement en énergie du territoire.

Plusieurs PPE sont élaborées en France: une pour la France métropolitaine continentale, et une dans chaque zone non interconnectée (ZNI) au réseau électrique métropolitain continental.

En Corse, c’est l’État et la Collectivité de Corse qui sont chargés de co-élaborer la PPE.

La première PPE pour la Corse, adoptée par décret en décembre 2015, portait sur les périodes 2016-2018 et 2019-2023. Aussi, elle est actuellement en cours de révision et les principaux objectifs et moyens sont :

> Montée en puissance de la maîtrise de la demande en énergie : objectifs d’économie de 600 GWh en 2028, notamment par la mise en œuvre du cadre de compensation des petites actions de MDE en Corse, adopté début 2019 par la Commission de régulation de l’énergie, qui définit pour une durée de 5 ans un ensemble d’actions subventionnées pour partie dont :

  • La rénovation globale des bâtiments,
  • Les actions visant à améliorer l’isolation thermique des bâtiments,
  • L’installation d’équipements performants pour le chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire en privilégiant le recours aux énergies renouvelables thermiques,
  • La mise en œuvre d’opérations de rénovation globale et performante de l’éclairage public de l’ensemble des communes de l’île.

> Renforcer et accélérer le déploiement des énergies renouvelables avec un objectif de 62% d’EnR dans le mix électrique à l’horizon 2028.

> Engager la transition énergétique dans les transports par :

  • La réalisation de documents de planification communaux,
  • L’encouragement de la mobilité active et l’utilisation des transports en communs,
  • L’aménagement de 20 aires de covoiturages d’ici 2023 et 50 en 2028,
  • L’atteinte de 600 points de recharge publics pilotables pour les véhicules électriques en 2023.

> Assurer la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’île tout en assurant la sortie définitive du fioul par :

  • L’approvisionnement de l’île en gaz, énergie de transition pour les deux centrales thermiques de Lucciana et du Ricanto qui sera renouvelée,
  • Le renouvellement de la liaison Sardaigne-Corse-Italie,
  • L’augmentation du taux d’insertion des EnR, notamment grâce à la mise ne service des STEP de Lugo di Nazza-Ghisoni et un développement optimisé du stockage de moins de 30 MW.

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